Table ronde « Que notre œuvre commune demeure » sur la portée sociale de l’architecture
9 avril 2026
Communiqué de presse du TNM :
« Montréal, le 19 février 2026
Alors que le Théâtre du Nouveau Monde et La Messe Basse s’apprêtent à présenter l’adaptation théâtrale éponyme du roman de Kev Lambert Que notre joie demeure du 17 mars au 16 avril, voilà qu’il collabore avec Kollectif et Architecture sans frontières Québec afin d’offrir au public, le 9 avril 2026 dans la salle Réjean-Ducharme, une table ronde intitulée Que notre oeuvre commune demeure.
Depuis longtemps, nous sommes en quête d’une oeuvre qui parvienne à aborder avec autant de justesse et de nuance les mécanismes du pouvoir, tout en interrogeant la place de l’art, ici l’architecture, dans ce système. 'Que notre joie demeure' est cette oeuvre rare qui parvient à lier ces deux dimensions. Nous aimons forger des ponts entre les mondes, faire se rencontrer des réalités qui ne dialoguent pas. Nous étions désireux d'organiser un événement périphérique au spectacle pour aborder certains des enjeux présents dans la pièce et inviter le milieu de l'architecture à réfléchir avec nous et le public.
Le rôle de l’architecture et le devoir de l’architecte
Faisant écho aux thèmes abordés dans la pièce adaptée par Maxime Carbonneau et Laurence Dauphinais, la table ronde rassemblera des acteurs du milieu de l’architecture dans le but de provoquer une conversation sur la production de l’espace, les manières d’habiter et de construire, ainsi que de mettre en lumière les enjeux contemporains liés au droit à la ville. La discussion s’attardera au rôle social et politique de l’architecture et des manières d’améliorer, de transformer ou de détourner le rôle des architectes, au service de la justice spatiale. Quels sont les modèles innovants d’ici et d’ailleurs qui peuvent nourrir cette réflexion? Quelles alternatives à la loi du plus bas soumissionnaire permettent de mieux valoriser la qualité et l’intérêt commun? Comment défendre la qualité architecturale dans les projets sociaux, en contrepartie des critères de modestie qui persistent? La table ronde se veut ainsi un espace de dialogue critique et collectif, visant à croiser les expériences, les pratiques et les imaginaires afin de repenser les conditions de production de l’espace au service du bien commun.
J’ai toujours trouvé enrichissant ce type de rencontres où différentes formes d'arts s’attablent pour dialoguer et échanger sur un sujet commun. Partie intégrale du tissu « urbain », l’architecture est également liée au tissu « humain » de notre société, la rendant idéale pour discuter d’enjeux collectifs. Que cette synergie théâtre-architecture se déploie à travers la pièce ou la table ronde, dans les deux cas, elle donnera matière à réflexion et espérons-le, à action.
Les panélistes
Animée par Sonia Blank, architecte et chercheuse s’intéressant particulièrement au croisement entre architecture et itinérance, la table ronde sera constituée de professionnel·es qui ont à coeur les implications sociales de leur profession. Jean-Christophe Leblond a travaillé sur de nombreux projets de logements sociaux, de coopératives d’habitation et d’initiatives communautaires. Tania Paula Garza est préoccupée par les questions d’accessibilité et de logement, en plus d’être attentive aux discours critiques décoloniaux en architecture. Philémon Gravel, quant à lui, se penche sur la requalification de bâtiments patrimoniaux pour la mise en oeuvre de projets collectifs et communautaires et sur les enjeux liés à la vacance des bâtiments. Enfin, le parcours d’Olivia Daigneault Deschênes l’a rendue sensible aux impacts de l’architecture sur les communautés urbaines marginalisées.
En résumé
Que notre oeuvre commune demeure
- Quand : 9 avril de 17h à 19h
- Où : Salle Réjean-Ducharme du Théâtre du Nouveau Monde (84 Rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal)
- Événement gratuit, mais inscription obligatoire en cliquant ici.l »
Pour consulter le communiqué de presse original…
Pour plus d’information à propos de la pièce Que notre joie demeure…
Biographies
Animation :
Sonia Blank, architecte et doctorante, Université McGill
Sonia Blank est architecte, étudiante au doctorat en architecture à l’Université McGill, et collaboratrice avec l’organisme Architecture Sans Frontières Québec (ASFQ). Sa recherche se situe à l’intersection de la justice sociale, de l’itinérance et de l’architecture, et s’appuie sur des démarches participatives menées avec des communautés marginalisées. Elle a co-rédigé deux catalogues sur l’architecture et l’itinérance (2023, 2025), qui proposent des pratiques d’aménagement plus justes et solidaires en réponse aux violences structurelles inscrites dans l’espace public et le logement. Sonia est impliquée dans plusieurs initiatives communautaires et autonomes liées à l’itinérance et au droit au logement, et réfléchit au rôle du design comme outil de responsabilité collective et de prise d’action politique.
Panélistes:
Jean-Christophe Leblond, architecte, Pivot coopérative d’architecture
Jean-Christophe Leblond est architecte, formé à l’Université de Montréal. Après avoir travaillé dans différents bureaux et à son compte, il s’est joint à sept autres collègues pour fonder Pivot: coopérative d’architecture, la première coopérative d’architecture au Québec. Les projets sur lesquels il travaille sont majoritairement issus de l’économie sociale et du milieu communautaire, et tentent de répondre à plusieurs enjeux actuels, dont ceux de l’accès au logement et de l’itinérance. Les questions du droit à la ville et du rapport qu’entretient l’humain avec le territoire sont le point de départ de sa réflexion critique sur le discours actuel entourant la crise du logement.
Tania Paula Garza Rico, architecte, Société logique
Tania Paula Garza Rico se définit comme femme, architecte et immigrante. Elle a débuté ses études au Mexique avant d’obtenir une maîtrise en architecture à l’Université Laval. Membre de l’Ordre des Architectes du Québec et chargée de cours à l’ÉAUL, Paula a exploré les liens entre habitat et justice sociale dans des projets à plusieurs contextes tels que la Tunisie, le Mexique, les États-Unis et le Québec. En tant que cheffe d’expertise en Architecture et habitation chez Société Logique, Paula met en œuvre ses connaissances techniques et conceptuelles ainsi que son expérience en leadership interdisciplinaire pour prôner une démarche de conception inclusive et collaborative. Elle croit fermement que le design universel peut être un outil précieux pour combler les failles systémiques qui limitent l’accès au logement de qualité pour tou·te·s.
Philémon Gravel, co-fondateur et chargé de projet, Entremise
Co-fondateur d’Entremise, Philémon Gravel s’intéresse à la recherche appliquée dans le domaine du réemploi des matériaux de construction, de la reconversion de bâtiments patrimoniaux et de l’architecture temporaire et transitoire. Détenteur d’une maîtrise en architecture spécialisé en conservation de l’environnement bâti et d’une formation en ébénisterie, il travaille activement dans l’écosystème de l’économie social, afin de mettre sur pied des projets immobiliers collectifs : il est notamment le chargé de projet chapeautant la requalification de l’ancien couvent des Franciscains, acquis par Entremise en novembre 2025.
Olivia Daigneault Deschênes, architecte et doctorante, Université de Montréal
Olivia est architecte et doctorante en architecture à l’Université de Montréal. De 2021 à 2025, elle a travaillé comme chargée de projets chez Architecture Sans Frontières Québec, où elle a notamment contribué au développement du service d’aménagement destiné aux projets communautaires. À travers son parcours académique et professionnel, Olivia a développé un intérêt singulier pour la recherche-création et les pratiques interdisciplinaires en design et sciences sociales. Ses activités se démarquent par son engagement pour les théories et pratiques féministes en architecture. À travers des activités d’enseignement, des projets d’aménagement et des initiatives de médiation culturelle, elle explore le potentiel du design pour amplifier les voix de celles et ceux que la société a rendus inaudibles.
