Mise à jour CCC | Concours sur le réemploi de la toiture Olympique
De la part du Catalogue des Concours Canadiens de l’Université de Montréal :
« Dans cette mise à jour du CCC, nous diffusions les 54 propositions soumises au concours pour Le Réemploi de la toiture Olympique en 2024.
Pour consulter la fiche du concours…
L’éditorial suivant de Yolene Handabaka Ames, doctorante en architecture, examine les enjeux symboliques autant qu’environnementaux de cette opération à ciel ouvert sur un emblème de la modernité québécoise que devient un monument lorsque ses matériaux survivent à son architecture même ?
Toiture dispersée : architecture emblématique et réutilisation
La toiture du Stade olympique de Montréal occupe une place unique dans l’imaginaire collectif québécois. Bien plus qu’une simple structure technique, elle incarne depuis près d’un demi-siècle l’ambition monumentale des Jeux olympiques de 1976, l’héritage moderniste de la ville et l’un des symboles architecturaux les plus reconnaissables de Montréal. Pourtant, cette toiture est arrivée au terme de son cycle de vie. Sa déconstruction soulève donc une question rarement posée en architecture : que devient un monument lorsque ses matériaux survivent à son architecture même ?
Au printemps 2024, le Parc olympique de Montréal a lancé un concours international d’idées de conception et d’architecture consacré à la réutilisation des matériaux provenant de l’actuel toit du Stade olympique. Ouvert aux professionnels et aux étudiants du monde entier, ce concours visait à alimenter les discussions sur l’avenir des composants du toit à travers des propositions créatives, écologiques et à fort impact social . Présentée par les organisateurs comme « une ambition olympique », cette initiative visait à réutiliser, recycler et revaloriser la plupart des matériaux issus du démantèlement de la toiture, notamment les câbles, les membranes et les assemblages de raccordement, afin de leur donner une seconde vie au profit de la communauté québécoise . Cette approche s’inscrivait dans les principes plus larges de l’économie circulaire, de la transition écologique et de la résilience urbaine promus par le concours.
La diversité des propositions reflétait la composition du jury, composé de neuf spécialistes issus des domaines de l’architecture, du design, de l’ingénierie, de l’environnement et de l’économie circulaire. Présidé par l’architecte et ingénieur Jean Beaudoin, le jury comprenait les architectes Rami Bebawi, Stéphanie Cardinal et Manuel R. Cisneros ; la designer industrielle Eugénie Manseau ; la designer et professeure Ying Gao ; l’ingénieur Jorge Chenevey ; ainsi qu’Annie Levasseur, experte reconnue en matière d’économie circulaire et de résilience climatique dans l’environnement bâti. La présence de Michel Labrecque, président-directeur général du Parc olympique de 2014 à 2024, a également ancré les discussions dans les réalités institutionnelles et territoriales du site olympique. Cette composition multidisciplinaire a permis d’évaluer les projets non seulement pour leur qualité architecturale, mais aussi pour leur pertinence environnementale, sociale, technique et culturelle. »
