Actualité 10.07.2020

Lauréats | Charrette interuniversitaire | Repenser la rue commerciale

AEDE (UQAM) + ASA (McGill) + ASSÉTAR (ULaval) + RÉA (UMontréal)

Extrait de la planche du projet “Trait d’union”, lauréat du 1er prix

[NDLR] : Le jury était composé des personnes suivantes :

  • Anne Cormier, architecte co-fondatrice de l’atelier BigCity et professeure à l’école d’architecture de l’UdeM;
  • Sinisha Brdar, architecte, designer urbain et professeur à l’école de design de l’UQÀM;
  • Jean-Bruno Morissette, architecte, chargé de cours et professionnel de recherche à L’Université Laval;
  • Nik Luka, architecte, spécialiste en ethnographie et professeur agrégé à l’école d’urbanisme de l’Université McGill (School of Urban Planning McGill University), et
  • Jean-Philippe Simard, urbaniste et conseiller en design urbain chez Vivre en ville

Rapport du jury :

Rapport du jury / Jury Report– Concours Repenser la rue commerciale Competition
3 juillet 2020 / July 3rd 2020

Commentaires généraux / General comments :

Le jury tient tout d’abord à féliciter la richesse des propositions et salue le travail des étudiants qui ont participé au concours. Les 5 membres étaient unanimes; les projets étaient inspirants, de grande qualité et la collaboration entre les étudiants des diverses universités a certainement enrichi l’expérience.

Peu de concours d’architecture et de design urbain sont organisés en Amérique, comparativement en Europe, et le jury était réjoui de voir l’intérêt des étudiants pour ce genre d’évènement.

Néanmoins, le jury regrette de ne pas avoir vu davantage de propositions qui se préoccupaient de la problématique des îlots de chaleur et de la végétalisation des rues commerciales et aurait souhaité voir un travail plus soutenu sur les bénéfices de la végétation en milieux urbain. Malgré la courte durée du concours, la gestion des eaux pluviales aurait mérité être abordée.

D’autre part, les questions de la temporalité et du cycle des saisons ont été peu abordées, ce qui est regrettable dans un contexte québécois. En effet, l’hiver dure près de 6 mois dans la province et les designers et architectes ne peuvent pas ignorer cet aspect de notre climat. Sans oublier que durant l’hiver, le confinement peut affecter davantage la santé mentale des gens, c’est pourquoi il est primordial de prévoir des aménagements extérieurs agréables même en présence de la neige et du froid, pour inciter les gens à sortir et à bouger.

Un autre bémol que les jurys ont noté dans certaines propositions est que les types de rue n’étaient pas différenciés; parfois la distinction n’était pas claire entre les rues complètes (avec véhicules et piétons), les rues étroites, les rues partagées et les rues strictement piétonnes. Les largeurs des voies dédiées n’étaient pas souvent précisées.

D’autre part, malgré la richesse et la diversité des propositions, l’échelle des interventions était souvent restreinte; des idées étaient proposées sans toujours présenter les conséquences et les impacts sur les rues adjacentes et les tissus urbains.

Enfin, les propositions étaient surtout centrées sur la ville de Montréal, ce qui n’est pas mauvais en soi, mais peu de questions ont été soulevées sur les différents types de rues commerciales (ex. : rue de banlieue, « strip » commerciale etc… ) et peu de propositions ont été soumises pour les villes de moins grande envergure.


1er prix / 1st prize (800$) : Trait d’union

Équipe 016JOT

  • Joëlle Tétrault – UdeM
  • Xavier St-Jean – UdeM

Le jury a grandement apprécié la présentation sous forme de lexique de stratégies pour aborder une variété de situations.

Le plan d’ensemble simple au service du climat et de la crise sanitaire grâce à la végétalisation des trottoirs est l’une des forces de la proposition. Le plan a été qualifié de mature et cohérent.

Chaque élément (placettes) n’est peut-être pas aussi pertinent et cohérent que souhaité, mais les jurys ont aimé que les nombreux enjeux de la rue commerciale et de la société (autant culturels, sanitaires et environnementaux) soient largement abordés.

Le jury salue l’aspect soigné dans les détails et le raffinement de la planche, ce qui l’a fait se démarquer des autres propositions.

2e prix / 2nd prize (400$) : De-Hierarchize the commercial street

Équipe 034NAM

  • Nathalie Marj – McGill
  • Alice Lemay – McGill
  • Herve Laurendeau – McGill
  • Olivier Therrien – McGill

Appréciation des dessins en noir et blanc et de l’inspiration des années 60. Le style un peu contestataire ou «non design» était convaincant, toutefois les perspectives ont été jugées « tristes », peu invitantes.

Texte riche, poétique, qui nous transporte dans un univers ralenti par la pandémie. Expérience du quotidien en temps de crise sanitaire qu’on tente de représenter, et preuve que les écosystèmes urbains peuvent être très vivants, même au ralenti.

Le jury a apprécié que la proposition mène vers la ruelle et l’arrière-boutique, comme si la rue se dilatait vers des petits espaces intrigants.

Mais les dessins demeurent tristes et font appel à une typologie inspirée de Melbourne et de Bruxelles, qui est moins bien adaptés aux hivers québécois.

De plus, la proposition était un peu moins développée que la proposition gagnante; les aménagements n’étaient pas à la hauteur des intentions et des principes.

En somme, les jurys ont apprécié l’audace de la proposition et l’aspect poétique qui revendique la beauté d’une rue commerciale au quotidien.


Mentions spéciales du jury

Les mentions ci-dessous veulent souligner un aspect original d’une proposition ou une question qui a été soulevée par celles-ci mais qui a été ignorée par les autres.

Proximité sans contact

Équipe 005 RAF

  • Anne-Frédéric Blais – ULaval
  • Rachel Fafard –  UdeM
  • Eugénie Grosfils – UdeM

Planche et proposition qui sortent du lot par leur graphisme et la lisibilité des intentions. Concept de structures aménagées dans les dents creuses bien présenté, mais peu réalisable à l’heure actuelle, car il implique des démolitions. Le dialogue entre les commerces, la rue et le quartier n’est pas assez articulé et la plus-value de l’aménagement n’est pas clairement exposée.

La randonnée de Mont-Royal

Équipe 019MAP

  • Padilla Marlet – UdeM
  • Hajj Rea – UdeM

Le concept a été jugé intéressant et pourrait être transposé à d’autres secteurs de la ville, mais la conversion en rue piétonne de l’avenue Mont-Royal n’a pas semblé une intervention ni réalisable ni très audacieuse au niveau architectural d’après le jury. Ils tenaient tout de même à souligner leur appréciation du rendu de nuit et la richesse du plan d’ensemble.

Shared | Séparation

Équipe 041SHS

  • Shawn Sullivan – McGill

La curiosité du jury a été piquée par l’analyse de la temporalité de l’aménagement et l’aspect éphémère, cyclique des activités de la rue. Cependant, la nécessité de déplacer les bacs et murets 2 fois par jours semble exiger un peu trop de logistique.

L’envers du décor

Équipe 026SIM

  • Simone Mauro – McGill
  • Reda Berrada – McGill
  • Mikael Hammond Benoit – McGill
  • Camyl Vigneault – McGill

Les jurys tiennent à souligner que c’était l’une des propositions qui détaillait le plus les aménagements et ambiances intérieures. Toutefois, la proposition était un peu trop axée sur l’intériorité et pas assez sur l’espace public de la rue extérieure, et le mobilier urbain semblait disposé de manière peu structurée.

Félicitations à tous les gagnants!

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Source : Basile Van Laer, M. Arch. | McGill University