Actualité décembre 2023

Boîte à lumière

Pourquoi avoir sélectionné ce projet à titre de vitrine sur Kollectif?

Cette réalisation porte bien son nom : la boîte à lumière !

Il est, en effet, frappant de constater toutes les astuces mises en place par les architectes pour arriver à un résultat aussi lumineux, particulièrement avec l’originalité du puits de lumière arrondi.

« La façon dont la luminosité pénètre au cœur des espaces de vie est un clin d’œil aux multiples puits de lumière arrondis du musée Miro de l’architecte Josep Lluís Sert, à Barcelone. Une faille traversante au niveau du toit, coiffée d’un lanterneau continu, laisse pénétrer une lumière forte venant du Sud qui se diffuse doucement sur une surface courbe, plâtrée en blanc. Ainsi, telle une “boîte à lumière” utilisée en photographie, le projet tout de blanc est contenu dans une enveloppe noire. »

Chapeau également à l’escalier métallique immaculé, sculptural à souhait, qui devient une pièce d’art en soi pour accompagner les œuvres murales des propriétaires passionnés d’architecture. Le bois omniprésent (mobilier, plancher, etc.) vient équilibrer le décor intérieur, qui aurait pu être froid et austère sans cet ajout.

Mentionnons aussi le recul stratégique de l’étage supérieur, additionné aux végétaux qui débordent en façade avant, qui assure une lecture parfaite du bâti historique de type « shoe box ».

Tout simplement bravo !


Description du projet :

Localisé dans l’arrondissement de Rosemont-Petite-Patrie, à proximité du parc du Père Marquette, le projet consiste en la rénovation et l’agrandissement d’un « shoebox ». Les maisons de type « shoebox » étaient, à l’origine, des constructions unifamiliales de plain-pied modestes et économiques. Datant des années 1940, elles étaient souvent érigées et habitées par la classe ouvrière.

Dans une volonté de conservation patrimoniale, l’arrondissement a répertorié et classé l’ensemble des « shoebox » en différentes catégories d’intérêt. Dans ce cas-ci, il était obligatoire de préserver la façade existante, mais il fut permis d’y ajouter un étage. Dans un souci de respect du volume initial du « shoebox » et de conservation de ses valeurs patrimoniales, il a été intuitif de proposer un recul de l’addition à l’étage. Ce retrait bien marqué permet d’offrir une terrasse végétale intime côté rue, orientée Sud.

Le projet est conçu pour un couple passionné d’architecture et d’art, dont l’intégration judicieuse de nombreux tableaux faisait partie intégrante du mandat de l’architecte. Le souhait du client était avant tout de créer un lieu de vie unique, stimulant et submergé de lumière naturelle. Créer une oasis de paix à même l’activité urbaine de ce quartier grouillant de vie était aussi une requête du client.

La façon dont la luminosité pénètre au cœur des espaces de vie est un clin d’œil aux multiples puits de lumière arrondis du musée Miro de l’architecte Josep Lluís Sert à Barcelone. Une faille traversante au niveau du toit, coiffée d’un lanterneau continu, laisse pénétrer une lumière forte venant du Sud qui se diffuse doucement sur une surface courbe, plâtrée en blanc. Ainsi, telle une « boîte à lumière » utilisée en photographie, le projet tout de blanc est contenu dans une enveloppe noire.

La maison est formellement organisée autour d’une cour intérieure délimitée côté rue par le « shoebox » recevant un nouvel étage et du côté ruelle, par un ajout de 2 étages relié à l’avant via un passage vitré. De plus, un petit bassin d’eau recouvert d’une plateforme rétractable anime cet espace de vie extérieur.

On retrouve au rez-de-chaussée, à même les limites du « shoebox » existant, les espaces de vie. Puis, à l’étage, séparée par la faille de lumière, on retrouve les espaces de nuit d’un côté et les espaces de travail de l’autre. Le nouvel ajout, côté ruelle, abrite un atelier, un sauna ainsi qu’une pièce d’invités à l’étage, le tout surmonté d’un potager en toiture qui est accessible par une terrasse attenante à la chambre principale.

La circulation entre les étages se fait par un escalier central inséré dans une brèche transversale au niveau du plancher et de la toiture de la maison. Les marches et les limons sont formés d’un pliage d’acier continu sur lesquels sont soudés de fins barreaux peints en blanc. Surmonté d’un puits de lumière linéaire, l’escalier devient l’élément phare de la maison ; sculptural et léger, il permet une lecture toute en transparence des espaces de vie avec une meilleure diffusion de la lumière, du lanterneau jusqu’au rez-de-chaussée de la maison.

Le mobilier intégré en chêne blanc, les planchers de chêne en chevrons, les armoires de cuisine laquées en blanc et la céramique ronde pour la salle de bain principale sont tous des matériaux discrets qui concèdent à la maison une atmosphère paisible et chaleureuse. Afin d’assurer une harmonie, un contraste de matériaux noirs et blancs est utilisé, notamment dans les céramiques, rappelant ainsi la dualité que propose la « boîte à lumière ».

L’ensemble des façades extérieures est habillé d’un revêtement en acier peint noir afin de mettre en évidence les briques nuancées et chaudes du « shoebox » existant. Au niveau de la cour intérieure, des lames en acier peint en noir sont appliquées sur la surface des meneaux des fenêtres afin de créer un jeu de profondeur et d’ombrages selon le parcours du soleil, tout en assurant une certaine intimité vis-à-vis des voisins adjacents.


Fiche technique du projet :

  • Titre officiel du projet : Boîte à lumière
  • Localisation : Montréal, Québec
  • Clients : Particuliers
  • Architecte : _naturehumaine
  • Ingénieur en structure : GÉNIEX
  • Entrepreneur général : OVI Construction
  • Date de fin de projet : Mai 2023
  • Superficie : 316 m²
  • Crédit photo : Ronan Mézière

Description de la firme :

_naturehumaine est un atelier d’architecture situé à Montréal qui œuvre dans le secteur résidentiel et commercial depuis 2004. Fondée par Marc-André Plasse et Stéphane Rasselet, la firme s’est d’abords démarqué par l’originalité de ses propositions d’insertion urbaine de petite échelle dans la métropole. La firme a ensuite réalisé de nombreuses résidences privées, multi-logements, espaces de bureaux, boutiques, restaurants et un musée. Aujourd’hui, c’est Stéphane Rasselet qui est l’architecte-patron de l’agence qui a toujours comme ambition de concevoir des milieux de vies singuliers et des projets où la qualité et l’innovation architecturales sont au premier plan.

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