Bain de nuit | Le CCA annonce les lauréats de la Charrette interuniversitaire 2026
Communiqué de presse du Centre Canadien d’Architecture :
« Montréal, 19 mars 2026 – Les projets gagnants de la Charrette interuniversitaire 2026 du CCA ont été annoncés aujourd’hui lors d’une cérémonie de remise des prix qui s’est tenue au CCA. Lancée en 1995 par le CCA, cette compétition annuelle est ouverte aux étudiant·e·s ou récemment diplômé·e·s en architecture, architecture paysagère, urbanisme, design environnemental, design urbain, design industriel et design graphique.
L’édition de cette année, intitulée Bain de nuit, a été organisée par le CCA en partenariat avec l’Université du Québec à Montréal, l’Université de Montréal et l’Université McGill. Elle a invité les participants à concevoir un projet avec l’eau comme force structurante signifie prêter attention à son agentivité et à œuvrer dans une logique de réciprocité, d’enchevêtrements multi-espèces et de justice hydrosociale.
À travers les rituels anciens et contemporains, l’immersion dans l’eau par la nage ou la baignade s’est déployée comme une pratique communautaire, régénératrice et symbolique de l’intime. À l’ère de la modernité séculaire, le bain s’est progressivement transformé en une routine privée et fonctionnelle, dépouillée de toute signification culturelle partagée. L’eau urbaine s’est abstraite en H₂O, devenant une ressource technique gouvernée par l’ingénierie, les politiques publiques et les logiques d’extraction. Cette « eau moderne » apparaît comme une unité mesurable, dissimulée dans les tuyaux et régulée dans les réservoirs, ou encore commodifiée en loisir. En parallèle, les imaginaires collectifs sont saturés d’inondations catastrophiques et de scénarios de pénuries et de survie, limitant notre capacité à envisager des relations affirmatives avec l’eau au-delà de la crise.
Cette édition de la Charrette part du principe que l’eau n’est pas seulement un composé chimique. Elle est aussi un support pour développer notre imagination, nos relations et nos méthodes de gouvernance. En adoptant un tournant hydrologique, l’eau devient collaboratrice, coproduisant des corps, des publics et des politiques. S’inspirant des enseignements autochtones et des recherches posthumanistes qui décrivent les humains comme « de l’eau qui marche », les paysages aquatiques internes apparaissent comme étant une continuité de l’environnement externe et envers lequel nous sommes responsables. Si l’eau est collaboratrice plutôt que ressource, nous devons apprendre à l’écouter et à nous mouvoir avec elle, au-delà des permissions et du contrôle humains.
Les participant·es ont été invité·es à sélectionner un lieu d’accès à l’eau actuellement inaccessible dans leur ville — tel qu’une berge de rivière, un canal, un réservoir, un front d’eau ou un rivage — susceptible de devenir un espace communautaire pour de nouveaux rituels nocturnes.
Le jury a soigneusement évalué 76 propositions soumises. Au total, 101 équipes, réunissant 306 étudiant·es issus de 15 universités différentes, se sont inscrites à cette édition : Université de Montréal (102), University of British Columbia (79), Université du Québec à Montréal (46), Université McGill (25), Université Laval (16), Dalhousie University (13), University of Waterloo (9), Carleton University (4), University of Manitoba (3), University of Calgary (2), University of Toronto (2), Columbia University (2), ENSA Paris-Malaquais (1), TU Delft (1), Université Concordia (1).
Les membres du jury pour cette édition comprenaient Jake Chakasim, designer membre de la Première Nation Attawapiskat et assistant professeur à l’école d’architecture et d’urbanisme Azrieli et à l’école des études autochtones et canadiennes de l’université Carleton ; Christie Pearson, artiste, autrice, enseignante et architecte, qui réinterprète de manière critique les infrastructures urbaines comme environnements de baignade utopiques, et autrice de « The Architecture of Bathing: Body, Landscape, Art » (MIT Press, 2020) ; et Jean Pelland, architecte et urbaniste, cofondateur de NOMADE architecture et de Sid Lee Architecture, dont le travail a contribué à transformer le paysage urbain de Montréal à travers des interventions majeures telles que Bota Bota, spa flottant issu de la reconversion d’un ancien traversier amarré dans le Vieux-Port.
Lors de la cérémonie de remise des prix qui se tient aujourd’hui au CCA, le jury a décerné les premier, deuxième et troisième prix, ainsi que deux mentions spéciales.
Les lauréat·es de ces prix recevront une sélection de publications récentes du CCA ainsi qu’une adhésion aux Amis du CCA assortie de nombreux avantages.
Lauréats de la Charrette interuniversitaire CCA 2026
Première place :
« A Vessel of Night »
Lauryn Marchand, Blake Klotz, et Thomas Emerson
Dalhousie University
Deuxième place :
«. the commute . the nightly passage . »
Hei Lam Kylie Ip et Hoi Ying Ng
University of British Columbia
Troisième place :
« Mémoire de l’eau »
Laura Sorya Bou, Jayden Terauds, Polina Terleeva, et Sarah Migos
(Team 81), Université de Montréal
Deux mentions spéciales :
« Reflets »
Amelia Dryburgh-Bouchard et Charles-Alexandre Toussaint
(Team 82), Université de Montréal
« Echoes of a Stream »
Tamara Kliuk, Nino Ramdani, Étienne Lachance, et Tommaso Montanari
Université de Montréal »
Pour consulter le communiqué de presse original…
