UQAM – Institut du patrimoine – Deuxième séminaire régional sur la mise en valeur des églises: clef de lecture pour le patrimoine religieux bâti

20080620-uqam-a.jpg« Au moment où se pose avec acuité la question de la conservation du patrimoine religieux, on doit s’interroger sur notre compétence de l’interpréter, de le rendre signifiant, dans une société laïque de plus en plus distante par rapport aux cultures et aux traditions historiques qui ont prêté vie à ces monuments et codifié les rites et les usages qui en ont déterminé les emplacements, les configurations et les ornements. Pour un nombre grandissant de jeunes Québécois, la visite d’une église catholique romaine est aujourd’hui une expérience inusitée. Que dire de la compréhension qu’ils peuvent avoir d’une synagogue ou d’une église baptiste ?

En même temps, nos villes se parent de nouveaux lieux de culte dont les figures exotiques appartiennent à des univers culturels extra occidentaux. Plutôt qu’à une consécration monumentale des traces d’une chrétienté occidentale, la notion de patrimoine s’y ancre aux usages et aux savoir-faire – notamment le « savoir-faire temple » – qui permettent de (re)produire des figures architectu-rales millénaires consacrées.

De la rencontre de ces visions différenciées du patrimoine naît un intérêt, nouveau en Occident, pour le patrimoine dit immatériel ou intangible. Sur la scène internationale, la conjugaison du matériel et de l’immatériel est désormais chapeautée par la notion de « patrimoine culturel ». Développée dans les forums de la mondialisation comme stratégie consensuelle d’abord, cette notion impose une révision de nos pratiques de conservation et de valorisation de nos « paysages culturels », qui doivent désormais s’enrichir de couches sémantiques relatives aux usages et savoir-faire, ancrées dans les sites, objets et mémoires. Toutefois, tandis que ce principe de patrimonialisation tend à s’étendre à l’ensemble de la planète et que la culture commune qui fondait « les pays » se dissipe, le même effet de mondialisation tend à exacerber les velléités identitaires de cultures – localisées ou délocalisées – démultipliées : la distinction paysagère et mémorielle s’outille alors elle aussi de valeurs patrimoniales.

Dans ce contexte, ce séminaire propose d’explorer, en soi et par le biais de cas d’application, des clefs de lecture qui permettent de décoder, au vu des sensibilités d’aujourd’hui, le patrimoine religieux bâti. »

Jeudi 3 juillet 2008, 9h00 à 17h00, Salle des Boiseries J-2805, Pavillon Judith Jasmin, 405 rue Sainte-Catherine Est, UQAM.

Pour plus d’information (programmation)…

(Source: Alessandra Mariani, Coordonnatrice, Institut du patrimoine, Université du Québec à Montréal)

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