Revue de presse de Kollectif.net – 12 novembre 2010 – "L'échangeur Turcot"

« L’échangeur Turcot »

REVUE DE PRESSE_2010-11-12 par Nicolas Marier

L’échangeur Turcot : les routes ne sont pas des routes

Au-dessus de nos têtes, il ne s’agit pas de migration occasionnelle, ni d’une bande de canard de passage, mais bien d’une voie de circulation majeure. Mais pourquoi donc faudrait-il l’envisager seulement en termes techniques, ou seulement en débit de voitures ? Pourquoi faut-il que de telles infrastructures ou méga-structures soient enlignées sur des principes qui n’ont pas été revus depuis les années 50-60 ? Et encore, s’agit-il simplement d’une décision ministérielle ? Ou est-elle citoyenne avant tout !?!

Sous les échangeurs, le soleil poindra-t-il ? Les routes ne sont pas des routes, elles sont des liens de communication dans le paysage, des lieux de passage bordant des maisons… Sous les échangeurs, la vie se poursuit ! Pourrait-on prendre en considération celle-ci ?

On l’aura compris, il ne suffit pas de nommer son chien comme un chat pour en faire un chat. Il ne suffit pas de dire qu’il s’agit d’un projet « de développement urbain dans un contexte de développement durable » pour qu’il soit inscrit dans une réflexion substantielle. Ici, au Québec, est-il possible de mettre en place une pensée innovante, développée avec des principes de développement durable réels et de design de l’environnement humain ?

Ce projet devrait porter une intention, livrer plus que du béton. À force de se contenter de compromis insipide, on devient soi-même sans goût. Sabordage ! Pourquoi accepter un compromis de 3 milliards ? Où sont les concours intégrateurs du génie créatif québécois ? Où sont les ateliers de réflexion fondée sur une pluridisciplinarité ? Si ce n’est pas dans l’espace public, où sont les lieux nous permettant une émulation du génie routier inséré dans nos villes, nos campagnes, nos villages, nos quartiers, nos vies !?

N.M.

_LE DEVOIR : « Un échangeur aussi achalandé qu’avant« 

_RUE FRONTENAC : « Échangeur Turcot — Bergeron qualifie le projet de «sournois et malhonnête»« 

_RADIO-CANADA : « Trois milliards pour rajeunir un échangeur« 

_LE PRESSE : « Échangeur Turcot: un projet de «compromis»« 

_LE DEVOIR : « Échangeur Turcot – Heureuse tentative!« 

_THE GAZETTE : « New plan for Turcot gets thumbs down from Montreal’s opposition parties« 

_RUE FRONTENAC : « «Turcot 375» suggère un échangeur plus vert à échelle humaine« 

_LE DEVOIR : « Comment travestir la réalité en quelques images« 

_CTV : « $3B Turcot plans draw detractors« 

_LE DEVOIR : « Libre opinion – Turcot : la vitesse paradoxale« 

_CBC: « Richard Bergeron forced to resign over Turcot« 

+ INFORMATIONS SUPPLÉMENTAIRES +

Mobilisation Turcot

Transports Québec

Turcot – Reconstruction du complexe à Montréal

Nicolas Marier:

Nicolas Marier est diplômé en architecture [M. Arch]. À l’heure actuelle, il collabore en design et aménagements avec le collectif EKIP, travaille comme chargé de projet pour une société et participe à la vie de la coopérative d’habitation dans laquelle il a établi son studio de recherche. Il est aussi coproducteur et coréalisateur de Pecha Kucha Montréal, initiative ayant pour but de rassembler les créateurs de tous les horizons lors de ces soirées événementielles, toutes constituées de présentations stimulantes et inspirantes.

Auparavant, il a enseigné au secondaire professionnel, au CEGEP et à l’université – soit, entre autres, à l’École d’architecture de l’Université de Montréal et à l’École Polytechnique de Montréal. Il a également travaillé de l’étape du développement des projets jusqu’aux chantiers pour différentes firmes d’architectes, de construction, de design et de paysage.

Pour voir l’archive des “Revues de presse”…

Commentaires

admin

Votre éditorial est très pertinent – une véritable bouffé d’air frais!

Un des articles les plus significatifs demeure celui de Mme Lortie (Turcot – Essayons d’aller plus loin), lequel fait écho, au moins en partie, à votre propos.

Je m’abstiendrais de commenter les propos de la porte parole du ministère…

Je souhaiterai simplement vous faire part d’un projet pour Turcot qui à mon sens répond assez bien à
plusieurs « critères » mentionnés dans votre article.

Vous trouverez l’information sur ce projet à l’adresse suivante: http://zovile.com/projets/T375PP/T375-PP01.html

Ce projet, comme toute proposition pour l’échangeur Turcot ne peut être envisagé de manière réaliste sans réduction de la circulation sur l’autoroute Ville-Marie et un transfert modal des navetteurs vers des réseaux ferroviaires électriques.

C’est pourquoi le GRUHM propose, de pair avec le Projet « Turcot375-Plus », la conversion de l’autoroute Ville-Marie au profit d’un SLR pan-montréalais : http://zovile.com/projets/T375PP/images/images_villemarie/CoupesVilleMarie.html

Les intentions aménagistes du ministère et la nature des projets qui en découlent doivent être cohérentes. Les pistes de solutions élaborées doivent répondre à des problématiques bien cernées et être en phase avec les discours, cadres, programmes, plans, lois et règlements en vigueur. Les praticiens doivent fabriquer du sens, faute de quoi ils risquent de poser des gestes barbares, voir schizophréniques, parce que hors contexte, déconnectés et difficile à décoder. Le cynisme ambiant, le repli civique et le désaveu des politiques n’y sont pas étrangers. Les babines doivent suivre les bottines!

Comment mobiliser l’énorme masse de ressources (technique, humaine, financière) à la disposition de ce
ministère et l’orienter rapidement vers la mise en œuvre une vision partagée qui fait la promotion de l’intérêt général? Collectivement, nous devons aller plus loin. Nous devons rêver mieux pour concevoir, aménager et opérer un véritable système de transport durable qui allie mobilité, environnement, santé et équité. La transition entre deux paradigmes est une manœuvre délicate; plus nous tardons, plus le virage sera sévère. Le projet Turcot est une opportunité rêvée de revoir notre rapport au temps, au territoire et à notre façon de l’habiter/animer.

Il est temps de revoir en profondeur les outils de mesure de performance du MTQ et leurs aptitudes
à traduire les objectifs, les valeurs et la mission qui sous-tendent les actions. D’emblée, je proposerai
l’appellation: « ministère de l’Aménagement du Territoire et la Mobilité ».

Nous souhaitons que des aménagistes, ceux qui jonglent avec la représentation des espaces aux diverses échelles de la ville – et dans la ville – investissent et humanisent la machine MTQ. Qui remettra ce ministère au service de la collectivité plutôt qu’à la solde d’intérêts partisans à courte vue? Des convictions, de la vision et un peu de courage politique, bordel!

Carl BÉGIN, ing.

Veuillez noter que les commentaires sont sujets à modération

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *