Le Phare de Québec

Source :
Alexandre Laprise, architecte et Guillaume Drouin-Chartier, architecte
Photo :
Courtoisie: Regroupement des jeunes architectes du Québec pour une ville à échelle humaine
 

« Rencontre avec le maire Labeaume: réaction du RJAQVÉH et des étudiants de l’École d’architecture (Université Laval) »

Québec, le 15 avril 2015.

Réaction des porte-paroles du Regroupement des jeunes architectes du Québec pour une ville à échelle humaine (RJAQVÉH) et des étudiants de l’École d’architecture de l’Université Laval suite aux dépôts de leurs lettres respectives concernant le projet « Le Phare » au conseil municipal de Québec.

« Le 7 avril dernier, au conseil municipal, le maire de Québec, M Régis Labeaume, s’est dit « en désaccord avec notre opinion ».
Ce fût sa réponse à notre question ainsi qu’à celle des étudiants de l’École de l’architecture de l’Université Laval : « Que faites-vous de l’avis des professionnels s’étant prononcés sur le projet du Phare et pourquoi ne respectez-vous pas le Programme particulier d’urbanisme (PPU) du plateau de de Sainte-Foy? »

Tout d’abord, lorsque 600 architectes et futurs architectes, de tous âges, se prononcent unanimement pour signaler que, dans sa forme actuelle, le projet « Le Phare » n’est pas adapté à la réalité urbaine, architecturale, culturelle, climatique, patrimoniale et sociale de Québec, ce n’est pas une opinion qu’on exprime, mais bien un avis d’experts. Cela va bien au-delà de la question des goûts et des préférences, nous nous basons sur la science de l’architecture, de l’aménagement et du design urbain. Est-ce que M Labeaume serait aussi à l’aise à « être en désaccord » avec le diagnostic de 600 médecins unanimes? Ou encore, de l’avis juridique de 600 avocats?

Que ce soit les professeurs et les étudiants de l’école d’architecture, le regroupement des jeunes architectes et d’autres architectes de tous âges, nous l’avons tous clairement exprimé dans nos lettres et entrevus : le projet va à l’encontre d’à peu près tout ce qui est enseigné à l’École d’architecture depuis plusieurs années. Est-ce que le maire Labeaume est « en désaccord » avec cet enseignement?

On nous dit qu’un sondage populaire (Journal de Québec) donne l’appui de la population au projet, mais était-elle vraiment en mesure de juger des qualités, des enjeux et des conséquences du projet, sans être émotive, lorsque le seul outil qu’elle avait en main était la vidéo promotionnelle, une publicité payée par le promoteur?

Le processus consultatif pour ce secteur a déjà eu lieu : il a mené au PPU de Sainte-Foy, qui n’a même pas deux ans encore. Le PPU est un contrat social. Respectons-le, tout simplement. Il réside dans ce respect un acte certain de bonne foi de la part de l’administration municipale envers l’opinion des citoyens obtenue par un processus consultatif.

Il s’agit là de notre proposition concrète. Autrement, développer une proposition pro bono en quelques jours, sans mandat, irait à l’encontre de la réflexion approfondie que nous demandons pour ce site.

Guillaume Drouin-Chartier et Alexandre Laprise, architectes porte-paroles du Regroupement des jeunes architectes du Québec pour une ville à échelle humaine.

Laurence St-Jean, Étienne Coutu Sarrazin, Vincent Morissette et Marie-Noël Chouinard, porte-paroles des étudiants de l’École d’architecture de l’Université Laval.« 

Veuillez noter que les commentaires sont sujets à modération

Laisser un commentaire