MISE À JOUR – Catalogue des Concours Canadiens – "AJOUT MANIFESTE (Québec, 2010): quel futur pour le patrimoine bâti?"

« AJOUT MANIFESTE (Québec, 2010) : quel futur pour le patrimoine bâti?
Par Nicholas Rochet

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Ouvert à tous, et donnant droit à la notoriété plutôt qu’à un mandat de construire, le concours d’idées est devenu depuis vingt ans un événement de plus en plus rare. Il faut donc féliciter l’École d’architecture de l’Université Laval d’avoir marqué le 50e anniversaire de sa création par la tenue en 2010 d’un concours d’idées international. Prenant pour terrain d’expérimentation l’École d’architecture elle-même, ce concours a offert aux étudiants et enseignants une rare occasion d’imaginer une pédagogie alternative, tout en invitant le milieu professionnel à retourner aux sources même de la pratique.

Au moment de sa fondation en 1960, l’École d’architecture de l’Université Laval se voulait une école moderne, animée par de jeunes professionnels. Paradoxalement, elle loge maintenant dans l’un des ensembles construits parmi les plus anciens au Canada : le Séminaire de Québec. Érigé de la fin du XVIIe à la fin du XIXe siècle, le Séminaire est un élément dominant et hors normes dans le paysage de la ville. Son vaste quadrilatère rompt avec la géométrie et l’échelle des rues voisines, tandis que ses toits et clochers marquent fortement les perspectives sur le Vieux-Québec.

Mais autant le Séminaire se démarque dans le paysage, autant il est austère et introverti au niveau de la rue. En effet, l’École d‘architecture est presque invisible pour le passant : installée en majeure partie aux étages supérieurs, et sur cour plutôt que sur rue. Le programme du concours a donc demandé aux concurrents de repenser l’École dans sa relation au site : par l’ajout de nouveaux équipements ; par la réorientation des parcours publics ; et enfin par la création d’un « emblème » qui ferait la promotion de l’École (et par extension, de la création architecturale) dans l’espace de la ville. La nature exacte des nouvelles fonctions et leur implantation était laissée entièrement libre.

Malgré ces ambitions modestes, le titre du concours – Ajout manifeste – contenait néanmoins une provocation: à savoir, qu’un simple ajout à un édifice patrimonial pourrait agir comme instrument de polémique. En effet, dans le modernisme du début du XXe siècle, le manifeste incarne toujours un appel à la rupture : un moment de nouvelle théorisation des buts et moyens de l’architecture, et ainsi, un nouveau fondement pour la pratique. À ce point de vue, le concours invitait implicitement les concurrents à repenser la formation en architecture, dans ses rapports à l’histoire, à la matière et à la technologie.

Promesse tenue ? Pas entièrement. Malgré près d’une centaine d’envois provenant de plusieurs pays, les six projets sélectionnés et exposés à l’Université Laval au printemps 2011 reflètent une indécision profonde (au sein du jury comme des concurrents) entre deux approches opposées : le manifeste comme programme théorique et le manifeste comme objet spectaculaire. »

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(Source: Jean-Pierre Chupin, Ph.D., Professeur titulaire, Chaire de recherche sur les concours et les pratiques contemporaines en architecture et Co-directeur scientifique du Laboratoire d’étude de l’architecture potentielle (L.E.A.P) à l’École d’architecture de l’Université de Montréal)

(Image: « JKSP », projet lauréat)

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