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Frédéric Dubé, architecte associé, Lapointe Magne et associés architectes
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Crédit photo: Michel Brunelle

IMAGE DU MOIS – Mars 2014 – « Palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield »

« Palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield
2009-2013
Par Lapointe Magne et associés en collaboration avec Massicotte Dignard architectes et Parizeau Pawulski architectes

Le district judiciaire de Beauharnois couvre la partie sud-ouest du Québec. Il s’étend de Châteauguay jusqu’à l’Ontario vers l’ouest et jusqu’à la frontière américaine vers le sud. Dotée de repères  architecturaux de diverses époques (hôtel de ville, cathédrale) Salaberry-de-Valleyfield (40 000 habitants) peut aussi compter sur la présence de l’eau jusqu’en plein centre-ville, ce qui lui confère un caractère ludique.

Le Palais de justice loge depuis 1901 dans un très beau bâtiment de pierre grise s’élevant dans l’axe du parc Salaberry, grand parc civique bien arboré. Autour se sont érigées, principalement à la même époque, de somptueuses maisons bourgeoises aujourd’hui souvent transformées en bureaux d’avocats, notaires ou professionnels. Mais depuis plusieurs années déjà les besoins en espace sont nettement supérieurs : le programme comprend notamment 10 salles d’audience, un greffe accessible au public, aires de détention et bureaux.

Le projet intègre en fait  trois bâtiments : celui d’origine (1901) dont la  maçonnerie sera nettoyée, les toitures refaites et la fenestration remplacée pour reprendre la modénature des fenêtres d’origine; l’annexe de 1975 dont n’est conservée que la structure de béton; et un agrandissement (dénommé 2010), logé côté ouest. Comme pour le projet de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie, la nécessité de maintenir les fonctions judiciaires tout au long des travaux oriente grandement le parti architectural.

Le nouvel agrandissement  nécessite une modification urbaine importante : le dernier segment de la rue Montcalm est éliminé. Du point de vue urbain, le défi est de réaliser ces  transformations sans que la présence volumétrique accrue du Palais ne déséquilibre l’échelle domestique sur le  parc. De même les architectes ont souhaité que le bâtiment d’origine avec sa flèche verticale  demeure prépondérant dans la composition d’ensemble.

Un axe public nord/sud  parallèle au bâtiment 1901 traverse tout l’édifice et relie le parc Salaberry et le stationnement public de l’édifice. Cet axe reprend en quelque sorte l’ancien tracé de la rue Montcalm. Côté parc, l’aménagement de la place publique et du parvis d’entrée dialogue avec une avancée triangulaire toute vitrée abritant un jardin d’hiver intérieur qui  canalise les entrées. Des pyramides plantées conçues par NIP Paysage animent le parcours extérieur et découpent des sentiers menant au  Palais de justice. Ce travail de mise en forme sculptural veut mettre en relation les nouveaux aménagements avec les parterres existants.

Le jardin intérieur prolonge la végétation du parc; aire d’attente, il  accueille aussi les fonctions protocolaires, les réceptions de mariages et les captations media. Une œuvre de verre par  l’artiste Lisette Lemieux y sera suspendue : la thématique retenue –les rameaux d’olivier– évoque le nécessaire geste de réconciliation que sous-tend dans nos sociétés le processus de la justice.

L’enveloppe du bâtiment sert d’écrin au Palais d’origine. La nouvelle construction  (2010) et l’annexe de 1975 ne font qu’un : base de brique au format  romain mariant trois nuancés de gris, surmontée d’un mur rideau de deux étages. Celui-ci alterne trois types de  bandes verticales : verre clair, verre translucide et panneaux opaques d’aluminium selon un rythme apparemment aléatoire, mais qui en fait se calque sur les besoins en luminosité des espaces intérieurs.

Ce parallélépipède vitré ceinture à l’étage les aires d’attente des salles d’audience qui se collent à la périphérie de l’enveloppe ou, au troisième étage, les bureaux de la magistrature et de la Couronne. Ces derniers espaces s’ouvre  sur un toit planté et disposent d’un accès au toit-terrasse ayant vue sur la cime des arbres du parc.

Les intérieurs se veulent lumineux et feutrés. Tout le périmètre des salles d’audience est revêtu de parois de métal perforé qui dissimule un traitement acoustique. L’entrée de chacun des salles se distingue par un sas de couleur différente.

Outre le difficile exercice de maintenir séparées les circulations des prévenus et des magistrats, une attention particulière a été apportée à la dissimulation des dispositifs sécuritaires extérieurs pour maintenir ainsi le caractère public de l’édifice et minimiser les empiètements sur les aménagements paysagers.

Équipe de projet:

  • Architectes:  Lapointe Magne et associés en collaboration avec Massicotte Dignard architectes et Parizeau Pawulski architectes
  • Client: Société immobilière du Québec
  • Gérant de projet: Groupe TEQ
  • Ingénieurs en structure: EXP  / Les Consultants SM
  • Ingénieurs en mécanique-électricité: BPR / BPA
  • Architectes de paysage: NIP Paysage
  • Intégration des arts à l’architecture: Tendre le rameau de Lisette Lemieux
  • Photographe: Michel Brunelle
  • Localisation: Salaberry-de-Valleyfield (Québec)

Superficie: 12 675m²
Coût: 59,2M$ »

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