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ÉDITORIAL – Martin Houle (Kollectif) – "Pour donner suite à la lettre ouverte réclamant un concours pour le pont Champlain"

Extrait de la lettre ouverte parue dans l’édition du 6 octobre 2011 du journal Le Devoir:

« L’été dernier, on lançait un concours international d’idées pour le parcours de l’autoroute 20 entre l’aéroport international de Dorval-Trudeau et le centre-ville de Montréal. Des centaines de professionnels se sont inscrits pour soumettre leurs idées pour cette entrée de ville qui s’ignore. C’est là une initiative louable à laquelle nous ne pouvons, en principe, qu’applaudir.

Mais un tel concours survient très tardivement alors qu’on délibère depuis des années sur la forme du projet de reconstruction du complexe Turcot. En effet, les choix d’ingénierie principaux étant déjà déterminés, la marge de manoeuvre des concurrents sera étroite pour explorer différentes avenues et elle risque de confiner ce concours à des dimensions paysagères essentiellement cosmétiques.

Or une autre occasion majeure, d’importance stratégique pour Montréal et pour l’économie nationale dans son ensemble, pointe à l’horizon avec la reconstruction inévitable du pont Champlain [que le gouvernement fédéral a confirmée hier]. C’est maintenant qu’il faut la saisir pour doter la métropole d’une entrée fonctionnelle digne du XXIe siècle.

[…]

Ont signé ce texte:

André Bourassa (président de l’Ordre des architectes du Québec), Dinu Bumbaru (directeur des politiques chez Héritage Montréal), Robert Chicoine (président de l’Ordre des urbanistes du Québec), Maude Cohen (présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec), Clément Demers (urbaniste et professeur titulaire à la faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal), Giovanni De Paoli (doyen de la Faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal), Michel Gariépy (professeur titulaire à l’Institut d’urbanisme), Florence Junca-Adenot (directrice de Forum URBA 2015 de l’UQAM), Jean-Paul L’Allier (avocat et conseiller stratégique chez Langlois Kronström Desjardins et président du conseil d’administration de Mission Design) et Marie-Odile Trépanier (professeure honoraire à l’Institut d’urbanisme). »

Pour lire l’intégral de la lettre ouverte…

Éditorial – Martin Houle:

Cette initiative de lettre ouverte est louable et j’espère qu’elle pourra donner un résultat concret. Mais j’ai été surpris que la comparaison avec une autre ville insulaire, notre voisine américaine New York, se soit seulement contentée de mentionner le pont de Brooklyn. Pourtant, je peux vous garantir que cette ville n’aurait pas le même charme si elle était située en plein coeur de l’état du même nom… Les 2 villes ont été fondées presqu’à la même période, les fondateurs ont été pris avec le même problème de logistique de transport auprès des rives et on aurait même pu les comparer en terme de prestige à une certaine époque alors que Montréal était la capitale économique du Canada.

Pourtant, alors qu’une de ces villes est reconnue mondialement pour l’historique de ses ponts et tunnels (voir lien), il y a encore des touristes qui s’étonnent que l’autre soit une île… New York  considère son statut insulaire comme une caractéristique mais Montréal semble le considèrer comme un problème…

Ne dit-on pas « qu’un problème est une opportunité de solution? »…

Le prochain clip de l’émission britannique Top Gear résume parfaitement le reste de mes pensées. Hein? Pourquoi? Bien, ne construit-on pas les ponts afin de permettre à nos véhicules de franchir les obstacles de Mère nature telle une vallée ou un cours d’eau? Bref,  l’animateur Jeremy Clarkson résume TRÈS bien ma vision de la chose à partir de 4:20 jusqu’à la toute fin du clip!

Bon visionnement!

Martin Houle, architecte
Directeur-fondateur de Kollectif

 

Marc-André Carignan, b.arch.,
Chroniqueur en architecture et design urbain
Kollectif (section D'ici et d'ailleurs)

En savoir plus sur Marc-André

Crédit photo: Marose Photo

Commentaires

Vincent Cloutier

Au delà de toute considération politique et économique, ta réflexion Martin m’amène à ce constat, simple.

Imaginons un instant un pont. Un superbe pont. De l’ingénierie de pointe. Un pont durable dans le temps, durable structurellement mais esthétiquement aussi. Une architecture pure, intemporelle.

Ne voudrait-on pas relever d’emblée le niveau de qualité de tout ce qui se construirait à Montréal par la suite. Un tel pont ne nous forcerait-il pas à faire mieux. Pas par défi, mais par obligation. Car faire de l’ordinaire, du correct, du moins cher, semblerait impossible désormais devant un tel ouvrage. Ce pont ne constituerait-il pas un formidable levier architectural en prouvant à tous, citoyens comme élus que faire mieux, faire bien est possible mais aussi nécessaire? Enfin, cela ne nous permettrait-il pas de tourner la page du traumatisme «stadio-olympiquien» et ce collectivement une bonne fois pour toute?

Je pense que oui.

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