Marc-André Carignan

 
 

Et si on troquait nos horribles classes préfabriquées par celles-ci?

 

Montréal, Laval, Québec… Les classes préfabriquées, qui s’apparentent à d’horribles roulottes de chantiers de construction, sont devenues une réalité quotidienne pour des cohortes d’enfants, parfois pendant plusieurs années, faute d’espace pour les accueillir dans des édifices décents. Et pendant ce temps, on essaie de se faire croire collectivement que ces classes temporaires « ne sont pas si pire » parce qu’elles sont, somme toute, lumineuses et patati et patata. Mais non, je m’excuse : elles sont le symbole de notre négligence en matière de planification scolaire à travers les années !

Cela dit, ces unités modulaires sont devenues essentielles dans certains contextes étant donné la vétusté de plusieurs écoles qui doivent être rénovées. Ou encore, pour pallier le surpeuplement d’édifices scolaires. Mais peut-on améliorer le sort des élèves et des professeurs qui doivent y passer l’année ?

 

Source: René St-Louis

Source: René St-Louis

 

Le designer industriel Charles Godbout m’a récemment contacté pour me présenter une solution fort intéressante qu’il a développée avec l’architecte Luc Plante dans le cadre du concours d’idées L’architecture engagée dans nos communautés, une affaire d’aluminium. Il s’agit d’un système modulaire d’école temporaire en aluminium qui offre un environnement sain, ludique et drôlement plus stimulant pour les enfants que les classes modulaires actuelles.

« L’approche de design et d’ingénierie de ces modules comprenant les classes, la cafétéria, les bureaux et le bloc sanitaire mise stratégiquement sur les propriétés de [l’aluminium] qui permet de réaliser des structures entièrement modulaires, démontables, reconfigurables, relocalisables et recyclables, ce qui leur confère l’avantage d’une très longue durée de vie utile. Les espaces à aires ouvertes créés privilégient notamment la qualité de la lumière, de l’aération et de l’acoustique ainsi que la polyvalence d’aménagement. Ne requérant pas de fondation excavée, ces écoles temporaires peuvent s’installer à proximité des bâtiments en cours de rénovation, si possible, ou sur des terrains loués. »

Sur les façades extérieures, des volets en aluminium s’ouvrent et se referment pour réguler l’entrée de la lumière et contrôler les gains de chaleur, en plus de calibrer le niveau d’intimité. On y retrouve même des lanterneaux, dotés de panneaux solaires, qui contribuent « à alimenter les câbles chauffants destinés à protéger du gel les conduites d’eau en surface et les réservoirs d’eaux usées. »

 

Source: TOPO Design

Source: TOPO Design

Source: TOPO Design

Source: TOPO Design

 

Personnellement, l’idée me séduit. Elle a tout d’abord le mérite de remettre en question la piètre qualité architecturale des milieux d’apprentissage offerts aux communautés scolaires qui doivent composer avec ces « classes-roulottes ». Ce concept s’inscrit notamment dans la mouvance du Lab-École qui vise à prendre en compte plus sérieusement l’aménagement des environnements scolaires pour favoriser la réussite éducative.

D’autre part, cette idée prouve qu’on peut innover avec des solutions créatives face à une problématique qu’on ne pourra visiblement faire disparaître à court terme. Les classes préfabriquées marqueront le paysage scolaire pour encore un certain temps, mais pourrait-on réussir à les apprécier ?

Qu’en pensez-vous pour le bien-être de nos enfants et de nos professeurs ?

Marc-André Carignan, b.arch.,
Chroniqueur en architecture et design urbain
Kollectif (section D'ici et d'ailleurs)

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Crédit photo: Marose Photo

Commentaires

Serge Emond

C’est un projet innovant . C’est un projet moderne et qui répond de façon criante a une problématique .

En espérant qu’il viendra à terme et qu’il ne restera pas seulement sur papier.

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