Marc-André Carignan

 
 

Les cyclistes, des contribuables de second ordre

Un pas en avant, deux pas en arrière… Pas facile de suivre l’administration Coderre quand vient le temps de parler de vélo à Montréal.

Pas plus tard que cette semaine, le maire faisait preuve d’une grande ouverture d’esprit pour la cause des cyclistes urbains en faisant d’excellentes recommandations à Québec pour moderniser le Code de la sécurité routière. Augmenter les sanctions liées à l’emportièrage, autoriser les « Idaho Stop », retirer l’obligation de circuler à l’extrême droite de la chaussée… La liste complète se trouve ici.

Mais Coderre venait à peine d’envoyer son courriel de recommandations au ministre Poëti qu’il décide de bloquer un projet de piste cyclable sur le Plateau… un projet que sa propre équipe avait autorisé quelques temps auparavant!

La raison? Ce n’est pas pour désengorger un secteur paralysé par d’autres chantiers routiers. Ce n’est pas non plus pour des raisons techniques ou financières. C’est que le maire a réalisé qu’une piste cyclable, ça prend de la place sur la chaussée. Et parfois, ça peut provoquer l’élimination de quelques cases de stationnement. Ben oui, toé!

 

 

Mais que doit-on décoder au juste de cette volte-face? Un cas isolé comme celui-ci aurait pu peut-être passer. Le problème, c’est que les prises au bâton ne cessent de s’accumuler pour l’équipe Coderre, qui s’époumone pourtant à répéter que la communauté cycliste est importante à ses yeux.

Malheureusement, c’est difficile à croire quand la Ville stoppe un projet de piste cyclable sécurisée. Difficile à croire également quand on continue d’envoyer les cyclistes dans les voies réservées aux autobus, même si cette pratique est décriée par plusieurs chauffeurs et membres de la communauté cycliste; Quand on tourne le dos à des infrastructures cyclables lorsqu’on procède à des chantiers majeurs sur de grandes artères, comme celui du boulevard Laurentien à Cartierville; Quand on redirige les cyclistes sur les trottoirs avec les piétons pour franchir des viaducs, alors que la chaussée est horrible [pour ne pas dire dangereuse] à plusieurs endroits; Et surtout, quand on évite d’adopter un plan d’ensemble aussi audacieux que ceux de New York, Paris, Londres ou Portland afin d’inviter les familles à favoriser le transport actif au quotidien.

 

État du trottoir sous un viaduc de la rue Saint-Denis / Photo: Marc-André Carignan

État du trottoir sous un viaduc de la rue Saint-Denis / Photo: Marc-André Carignan

 

On aime les cyclistes à la Ville, mais pas trop. On leur donne de petits bonbons, ici et là, en autant que ça ne dérange pas les commerçants et les automobilistes.

Moderniser le Code de la sécurité routière, c’est bien, mais aménager des infrastructures adaptées à la réalité quotidienne des cyclistes, c’est mieux.

Marc-André Carignan, b.arch.,
Chroniqueur en architecture et design urbain
Kollectif (section D'ici et d'ailleurs)

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Crédit photo: Marose Photo

Commentaires

Steven Laperriere

Monsieur,

Respectueusement, avant de considérer des cyclistes comme contribuable de second ordre, je vous suggère amicalement de passer 48 heures en fauteuil roulant . Vous comprendrez après c’est quoi un citoyen de seconde classe .

Je ne nie pas vos problèmes, au contraire, mais les automobilistes et les piétons ont aussi les leurs. Le mot-clé : respect entre tous. Pour une personne handicapée face à une marche qu’elle ne peut franchir …. Pensez-y avant de vous plaindre ! A bon entendeur!

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