Catalogue des Concours Canadiens (CCC)

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Public Scaffold - projet lauréat par James Brown / Kim Storey / Stephen King / Richard Averill / Emma Brown
 

« Ou comment enterrer l’imagination »

Extrait de l’éditorial:

« Titre de l’éditorial: Ou comment enterrer l’imagination
Titre du concours: Green Line Ideas Competition (Underpass Solutions)
par Jean-Pierre Chupin, publié le 2014-04-16

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S’il ne sert à rien d’organiser un concours, quand on ne croit pas aux vertus de l’émulation et du jugement collectif, il faudrait surtout se garder d’organiser un concours d’idées quand on craint les surprises de l’imagination et de l’expérimentation. Le premier volet du concours d’idées Green Line (Toronto, 2012), présenté dans la récente mise à jour du CCC, assumait l’exercice d’idéation pour susciter le débat public, mais on comprend mal l’intérêt du second volet, intitulé « Underpass Solutions », qui imposait aux concepteurs de s’en tenir aux « idées réalistes et réalisables ».

Les éditoriaux qui accompagnent chaque mise à jour du Catalogue des Concours Canadiens ne sont pas rédigés comme des tribunes d’opinions et ne visent pas plus la promotion des concours qu’ils ne cherchent à encenser les lauréats ou à consoler les perdants. Par contre, en tant que chercheurs consacrant une part importante de nos activités scientifiques à la documentation et à la compréhension des concours et des pratiques contemporaines du projet, tant au Canada que dans le monde, il nous appartient de saisir cette occasion pour souligner que l’usage des concours d’idées requiert un minimum de respect des équipes de conception. Dans son règlement sur les concours internationaux, l’Union Internationale des Architectes insiste pour distinguer, peut-être abusivement, entre concours d’idées et concours de projets. Certains souligneront l’abus de langage, car cela sous-entendrait presque que les projets ne contiennent pas d’idées. On comprendra toutefois que la distinction relève d’une clarification des objectifs de chaque type de concours. Organiser un concours de projets, c’est toujours mesurer le degré de faisabilité et d’adéquation des propositions, c’est donc toujours une forme de réalisme, puisque le projet gagnant n’est pas forcément le plus audacieux ou le plus innovant. La célèbre réponse d’Adolf Loos, au grand concours du Chicago Tribune en 1922, est restée dans les mémoires justement pour sa capacité critique, mais les organisateurs attendaient bien une « solution », outre leur souhait de faire événement, en bons professionnels de la communication. Par contre, le fait d’organiser un concours d’idées suppose une volonté d’ouvrir la question à toutes les formes possibles de réponses, y compris, et peut-être surtout, ces réponses qui remettront en cause la question, le site, l’idée même d’une réalisation. Un concours d’idées, ouvert, peut-être la meilleure façon de préparer un grand concours de projet en permettant justement une reformulation de la problématique basée cette fois sur les propositions des concurrents. »

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