Catalogue des Concours Canadiens | Université de Montréal

Source :
Jean-Pierre Chupin, Ph.D. | Professeur titulaire | Chaire de recherche du Canada en architecture, concours et médiations de l’excellence | Université de Montréal
 

Découvrez les 160 projets soumis dans le cadre des 5 concours du Lab-École

[NDLR] : Six présentations et entrevues vidéos ont été produites pour chacun des projets sélectionnés (à noter que le LAB-ÉCOLE QUÉBEC a été conçu par l’équipe du LAB-ÉCOLE) – vous pouvez les visionner en cliquant sur le lien suivant…


Extrait de l’éditorial de Jean-Pierre Chupin, publié le 23 août 2020 :

« En 2020, à en juger par le nombre de concours organisés au Québec depuis deux décennies et par le nombre d’édifices primés, il est plus facile de trouver une excellente bibliothèque, qu’une école primaire digne de ce nom. Cette série de 5 concours – ouverts et en deux phases – organisés par l’organisme LAB-École affrontait dès lors deux convictions contradictoires : la certitude que les lieux de scolarisation forgent et modèlent ce que nous sommes depuis la petite enfance et cette conviction, répandue parmi les décideurs publics, que l’on pourrait au fond étudier et enseigner n’importe où. Particulièrement bien organisés par le LAB-École, ces concours montrent au contraire que l’architecture n’est pas un luxe, mais une nécessité. Pour des contextes aussi différents que Saguenay, Maskinongé, Rimouski, Gatineau et Shefford, les propositions se révèlent riches en réflexions démontrant que la question de l’école primaire reste complexe et ne saurait être circonscrite dans des modèles à répéter – en bleu, en bois ou en aluminium – quel que soient les contextes.

La situation des écoles primaires au Québec s’est détériorée au point de constituer le nouvel enjeu national. De nombreuses études sur l’architecture scolaire montrent l’extraordinaire attachement aux espaces et aux lieux qui ont accompagné, parfois protégé, et souvent construit nos enfances. La vieille école serait toujours la plus belle, le modèle qu’il faudrait imposer à nos enfants, au point que de multiples réformes pédagogiques se sont heurtées à ce simple principe d’attachement aux valeurs du passé. En dépit des velléités politiques ou des bonnes intentions architecturales, n’impose pas qui veut de nouvelles structures pédagogiques, encore moins de nouvelles formes, à l’architecture de l’éducation. D’autant que l’espace de la première scolarisation se déploie aujourd’hui autant dans les registres physiques que virtuels. Nombreux sont d’ailleurs les tenants d’une révolution pédagogique essentiellement axée sur l’augmentation technologique de l’espace éducatif qui espèrent ainsi contourner l’obstacle de la qualité architecturale.

Comparativement aux pratiques en vigueur dans de nombreux pays, le Canada organise très peu de concours pour les lieux d’éducation. Sur les 451 concours organisés au pays depuis 1858, à peine 8% concernent des programmes liés à l’éducation, essentiellement au niveau universitaire, et moins de 2% pour des écoles primaires. Si l’on met de côté le concours de recherche-création organisé par le LEAP en 2019 (voir CCC, « Entre l’école et la ville ») et, bien entendu, les 5 concours du LAB-École, il ne reste guère que le remarquable cas historique du « concours provincial d’architecture pour les écoles primaires » organisé par le gouvernement du Québec en 1964 (NB. Également documenté dans le CCC). Il existe un autre concours organisé à Vancouver en 1970, mais nous disposons de trop peu de données pour l’évaluer. Il n’y eut par la suite que de rares concours essentiellement universitaires dans les années 1970 et il fallut attendre les années 1990 pour que le parc immobilier vieillissant impose de nouvelles consultations et réflexions. Celles-ci seront fortement encouragées par les nombreuses études, souvent de nature sociologique, conduites dans les contextes suisses, français et scandinaves. Elles n’auront pas d’influence notable sur la mise en place de concours au Canada en dépit du fait qu’à la fin des années 80, un modeste programme fédéral ait donné lieu à un processus novateur de conception d’écoles en Colombie-Britannique, grâce à l’architecte Marie-Odile Marceau, alors architecte régional pour le ministère des Affaires indiennes et du Développement du Nord. »

Pour lire la suite de l’éditorial…


Fiches de concours :


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