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Avons-nous besoin d’ambassades de notre culture créative?

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« Les ambassades de notre culture créative, c’est ce terme que nous utilisons avec notre équipe pour parler de ces espaces qui permettent de découvrir, en un seul lieu, des oeuvres d’ici et des produits locaux. Comme l’ont été les pavillons de l’Expo 67 qui permettaient de découvrir la culture de chaque pays, ces lieux permettent d’entrer facilement en contact avec l’incommensurable talent qui nous entoure.

 » C’est justement alors que nous vivons des crises économiques et sanitaires sans précédent, qu’on ressent la pertinence de se questionner sur les fondements de notre économie et de notre identité. « 

Dans le monde gastronomique, les marchés ont joué ce rôle depuis des milliers d’années. Des endroits comme le Cathcart, Le Central, et le Timeout Market réinventent parfaitement ce concept pour nos restaurants. De manière éphémère, certains festivals comme Mode et Design, le Festival Complètement Cirque, Pop Montréal ou le FME jouent indéniablement ce rôle pour le design et l’art. Autant nos artistes, nos designers que nos chefs ont besoin de ces espaces pour faire découvrir leur travail.

D’accord, mais avec les crises actuelles, n’y a-t-il pas d’autres priorités que de se remémorer l’histoire et de parler d’ambassade culturelle ? Nous pensons tout le contraire. C’est justement alors que nous vivons des crises économiques et sanitaires sans précédent, qu’on voit la pertinence de se questionner sur les fondements de notre économie et de notre identité.

Et ça ne date pas d’hier que la culture et la créativité soit une part centrale dans nos vies. Le Québec s’est émancipé grâce à l’effervescence de sa culture lors de la Révolution tranquille. Il l’a ensuite fait connaître au monde lors de la plus grande exposition universelle de l’époque en 1967. Pendant les 30 années qui suivirent, notre histoire fut dominée par le débat identitaire, à savoir comment cohabiter culturellement dans sur un territoire bilingue. Les dernières décennies ont vu ensuite la montée des succès planétaires que sont nos Céline Dion, Moment Factory, Piknic Électronik et Denis Villeneuve qui ont réussi à faire briller notre créativité à l’international. Aujourd’hui, on voit tranquillement s’épanouir un métissage culturel à travers des débats publics et des manifestations nécessaires, où s’installent la bienveillance et l’amour de nos diversités. L’histoire nous le confirme, la charpente du Québec est faite des briques que sont la culture et la créativité.

En 2018, la Chambre de Commerce du Montréal Métropolitain publiait un rapport où elle démontrait que les industries créatives et culturelles généraient 9,4 milliards de dollars à l’échelle de la province et ramenaient directement 1,9 milliard de dollars dans nos coffres chaque année. La culture n’est plus qu’un liant social, mais une partie importante de notre économie. Dans ce même rapport, on recommandait justement de maintenir la vitalité créative, de stimuler la demande locale et de valoriser davantage le talent créatif ; les rôles exacts que jouent les ambassades de notre culture créative.

L’impact économique n’est pas que direct. Dans notre monde hyper compétitif, les aptitudes d’innovation tant nécessaire au succès des entreprises dépendent principalement de la créativité des équipes. Un écosystème d’inspiration pour stimuler cette créativité est donc essentiel.

Dans une entrevue accordée à Tourisme Montréal, Dax Da Silva, CEO de Lightspeed, une des seule licornes (startups de 1 Milliard $) du Québec l’expliquait clairement : «Il y a plusieurs bonnes raisons pour lesquelles je pense que Montréal est la meilleure ville pour établir une entreprise de technologie. Je pense que la première raison est que nous investissons dans la culture et que nous célébrons la créativité qui favorise en retour l’innovation ; c’est pourquoi nous avons un écosystème technologique aussi florissant »

Mais bon, il n’y a pas que les employés des entreprises technologiques qui aiment des villes vibrantes et excitantes; on s’entend que c’est pas mal une recette gagnante pour tout le monde !

En plus d’être économiquement nécessaires, ces nouvelles institutions ont le pouvoir de définir la direction que nous prendrons en tant que société. De définir ce qui nous représente. L’idée d’y retrouver une diversité de talents et de public démontre que l’inclusion peut être une partie intrinsèque de notre identité commune. Le fait de mettre en place de strictes politiques de développement durable peut démontrer que nous prenons les choses en main pour répondre à l’urgence climatique. L’idée de bâtir en honorant le patrimoine peut témoigner de cette mémoire collective sur laquelle nous assoyons notre vision de l’avenir. En construisant des lieux qui font vivre nos valeurs, on les ancre dans notre tissu social.

Les ambassades de notre culture créative sont des éléments essentiels de la relance de notre économie et de notre identité. La culture étant, avec le tourisme, dans les industries les plus affectées par la crise, il est impératif de voir l’opportunité qui se présente devant nous : nous pouvons continuer d’écrire notre histoire avec notre unicité culturelle si nous investissons dans notre culture !

Enfin, si nous nous permettons de bâtir et de créer des ambassades de grande qualité architecturale, nous ne créerons pas simplement des lieux de pélerinage pour nos citoyens, mais des icônes de classe mondiale qui auront le potentiel de faire rayonner notre vision à l’international. On enverra ainsi un message clair au monde entier : la culture créative, c’est dans notre ADN. »


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