École d'architecture | Université de Montréal

Source :
Agnès Anger | Agente de communication | École d’architecture de l'Université de Montréal

Séminaire international Phyllis Lambert 2018 | « L’architecture à la lumière des notions de forme et d’information »

Annonce :

« INVITATION
Séminaire international Phyllis Lambert – Édition 2018
3 novembre dès 9h30 à l’amphithéâtre 3110 du Pavillon de la Faculté de l’aménagement

L’architecture à la lumière des notions de forme et d’information
Conception et organisation : Alessandra Ponte

« La notion de forme doit être remplacée par celle d’information »
– Gilbert Simondon, L’individuation à la lumière des notions de forme et information, 1958 (2005).

Tant en français qu’en anglais, le terme information trouve ses racines dans le latin informare (de in ‘dans’ plus forma ‘une forme’), signifiant ‘donner forme’, ou ‘former une idée’. Le latin offre aussi informatio, signifiant ‘concept’ ou ‘idée’. À l’origine employé pour indiquer la formation de l’esprit ou les techniques d’instruction, le terme information était en outre associé aux arguments de Platon, et plus tard d’Aristote, sur les formes idéales, ou idées (eidos), comme les représentations les plus exactes de la réalité et les seuls objets d’étude capables de générer des connaissances. Le grec ancien avait trois termes signifiant forme: eidos, ‘image visuelle’; morphế, ‘forme propre d’une chose’, et phainomenon, ‘apparence’. L’observation du caractère variable des apparences a conduit les philosophes grecs à examiner la relation entre substance (ou matière) et forme. Le débat s’est cristallisé dans la doctrine classique de l’hylémorphisme, formulée par Aristote, selon laquelle la matière est ce qui subit la transformation de la forme, c’est-à-dire la substance inerte sur laquelle la forme est imposée.

Présentement, le terme information est généralement compris et défini par les dictionnaires comme « étant une connaissance pouvant avoir un effet […], cette connaissance doit être portée par un support et mise en présence d’une entité (un être humain ou un dispositif) et que cette entité fasse quelque chose à partir de cette information ». Ou bien, banalement, « des données traitées, sauvegardées et retransmises à un ordinateur. » Ou bien, finalement, « une quantité mathématique exprimant la probabilité d’occurrence d’une séquence particulière de symboles, d’impulsions, etc., par opposition à celle de séquences alternatives. En effet, l’information contenue dans un message composé d’une seule lettre se répétant un grand nombre de fois tel que « AAAAAAAAA… » est quasiment nulle (on parle alors de faible néguentropie) ». De telles interprétations ont été annoncées, à la fin des années 1930 et dans les années 1940, dans le domaine des télécommunications et dans les laboratoires de recherche appliquée qui ont contribué à l’effort de guerre en développant des servomécanismes. Les théories et les technologies issues de ces domaines technoscientifiques convergeaient et donnaient simultanément naissance à la cybernétique et à la théorie de l’information.

Les méthodes et les concepts des deux disciplines ont trouvé des applications immédiates et convaincantes en biologie, en sociologie, en anthropologie, en psychologie, en linguistique et dans de nombreux autres domaines, notamment l’architecture et l’urbanisme, nous catapultant dans l’ « ère de l’information ». Le philosophe français Gilbert Simondon dans L’individuation à la lumière de notions de forme et information (1958), offre une critique rigoureuse des théories de l’information avancées dans les cercles cybernétiques ; il fut le premier à souligner comment la redéfinition du concept d’information nécessitait une remise en question fondamentale des idées classiques de l’être, de la connaissance, et par-dessus tout, des concepts de matière et de forme.

Aujourd’hui, à l’ère des mégadonnées, de l’intelligence artificielle, des machines d’impression 3D et des robots, confrontés à une quantité croissante d’informations à traiter et à archiver, de nouvelles générations d’architectes, de planificateurs et de concepteurs dans tous les domaines semblent questionner la relation entre la matière et la forme. La proposition pour le prochain Séminaire international Phyllis Lambert est de convoquer des philosophes, des architectes et des théoriciens des médias pour débattre des relations entre matière et information.

Conférenciers

  • Andrea Bardin, Department of Social Sciences, Oxford Brookes University, Oxford
  • Neeraj Bhatia, California College for the Arts, San Francisco
  • Orit Halpern, Department of Sociology and Anthropology, Concordia University, Montréal
  • Shannon Mattern, School of Media Studies, The New School, New York
  • Emanuele Quinz, Université Paris 8, EnsadLab, l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs, Paris
  • Gilles Retzin, The Bartlett School of Architecture, UCL, London
  • Dubravka Sekulic, ETH Zurich
  • Nader Tehrani, Cooper Union, Irwin S. Chanin School of Architecture, New York
  • Kathy Velikov, Taubman College of Architecture and Urban Planning, University of Michigan, Ann Arbor

Modérateurs

  • Thomas Balaban, École d’architecture, Université de Montréal
  • Samuel Bernier-Lavigne, École d’architecture, Université Laval, Québec
  • Sinisha Brdar, École de design, UQAM, Montréal
  • Salmaan Craig, Peter Guo-Hua Fu School of Architecture, McGill University, Montréal
  • Fabrizio Gallanti, École d’architecture, Université de Montréal/ Peter Guo-Hua Fu School of Architecture, McGill University, Montréal
  • Irena Latek, École d’architecture, Université de Montréal »

Pour consulter le programme détaillé…


Pour visiter le site internet de l’École d’architecture de l’Université de Montréal…

samedi 3 novembre 2018, de : à :
E1_Architecture E2_Séminaires E3_Recherche + Théorie Événements
Veuillez noter que les commentaires sont sujets à modération

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *