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Antonin Labossière | Rayside Labossière architectes
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Source: Antonin Labossière | Rayside Labossière architectes
 

OPINION | Le manifeste de la relève

Signataires du manifeste:

Antonin Labossière (Rayside Labossière architectes)

Renée Mailhot (La SHED architecture) / Sébastien Parent (La SHED architecture) / Yannick Laurin (La SHED architecture) / Jean de Lessard (Jean de Lessard ‐ designs créatifs) / Robert Lavoie (APPAREIL architecture) / Nicolas Lapierre (L’Abri) / Francis Pelletier (L’Abri) / Francis M Labrecque (L’Abri) / Tom Balaban (TBA) / Guillaume Pelletier (GPA)


 

« Nous sommes les architectes de la relève qui demandent une réforme du regard sur notre ville.

Nous célébrons le 50e anniversaire de l’Expo 67.

Nous ne l’avons pas vécu.

Nous n’avons pas ressenti ce souffle unique d’une ville qui veut impressionner le monde et qui devient l’instant d’un moment le haut lieu de la modernité.

Nous avons plutôt grandi dans une ville qui s’est enfoncée dans le conformisme, la peur de la différence et la dictature du budget minimum.

Nous fêtons le 375e anniversaire de notre ville.

Nous manifestons notre volonté de transformer cette ville pour les 25 prochaines années et de lui redonner les lettres de noblesse que l’architecture sait mettre en scène, au vu et au su des citoyens.

Pour sortir de cette torpeur et de ces égouts qui aspirent tous les budgets, le virage doit s’effectuer avec hargne et magnificence.

  • Cessons de craindre
  • Cessons de lisser les vérités
  • Cessons que de n’éclairer nos façades et de ne projeter que des rêves éphémères

Il ne suffit pas de laisser les courants numériques parcourir nos rues, encore faut‐il que notre ville s’en émeuve.

  • Perçons nos murs de nouvelles idées et d’échos d’idéaux
  • Diversifions nos approches et nos mentalités
  • Éclatons nos principes et nos habitudes
  • Abolissons nos règlements stériles

Notre ville s’enorgueillit de ses créateurs : cinéastes, chefs cuisiniers, musiciens, chercheurs et concepteurs de jeux vidéos. Les architectes et autres professionnels de l’aménagement en font également partie. Nous sommes aussi des créateurs et nous avons aussi besoin de liberté.

Nous réclamons une démocratie architecturale, une expression qui dépasse la bête construction.

Nous exigeons une expression assumée des doutes, des audaces et des trêves.

Nous rejetons les comités qui, cachés derrière une démocratie factice, musellent, censurent et noyautent l’architecture. Nous ne voulons plus d’une ville pudique.

Nous condamnons l’inaction de nombre de nos confrères architectes, urbanistes, promoteurs et fonctionnaires qui enlaidissent nos quartiers et démobilisent ceux qui les ont à coeur. Dressons les barrières qui s’imposent pour réduire au silence les faiseurs de laideur, de conformisme et de morosité. Il faut maintenant multiplier et décloisonner les concours d’architecture pour favoriser une véritable innovation.

Respectons nos églises, nos musées et nos maisons ouvrières, mais ne faisons pas dire au patrimoine ce qu’il n’est pas. Ne trompons pas l’histoire en tentant de compléter des chapitres qui ne méritent pas de l’être.

Ne nous condamnez pas à poser les mêmes briques et les mêmes pierres sur les mêmes fondations.

Le patrimoine gagne à être réinventé, à se faire projeter dans des zones inconfortables et déconcertantes. Son rôle doit évoluer, sans se restreindre, mais en laissant cours aux quêtes de formes et de sens. Le patrimoine de demain ne se crée pas dans le confort des idées reçues.

Portons haut nos standards et nos attentes et ne portons pas flanc aux immobilistes.

Nous ne voulons plus d’une ville mièvre.

  • Réagissons technologiquement
  • Argumentons écologiquement
  • Affirmons notre créativité
  • Manifestons notre beauté

Nous nous engageons à produire des projets qui percuteront les conceptions de la beauté et de l’audace, qu’ils prennent place au coin d’une rue, d’une ruelle ou sur une artère commerciale. Des projets qui s’inspirent des meilleures idées construites à travers le monde, de Copenhague à Portland, en passant par Freiburg ou Tokyo.

Nous pouvons changer cette ville en respectant son leg et son essence, mais laissez‐nous dessiner les nouvelles lignes de l’horizon.

  • Planifions immédiatement la ville du 400e
  • Anéantissons la peur institutionnalisée
  • Modelons les rues que nos enfants voudront habiter »

** Les propos contenus dans cet article d’opinion n’engagent que son ou ses auteur(e)s **

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